dictionnaire du sexe

Mardi 5 mai 2 05 /05 /Mai 08:07

Pour ce qui concerne l'érotisme, tout est dans la suggestion, à la diférence de la pornographie, où tout est dans la démonstration, l'approche caméra, la lumière crue et la vulgarité.
L'érotisme est un rêve, un songe, une pensée fugace, quelque chose d'intime qui se dévoile, c'est quelqu'un qui vous fait partager ses fantasmes, par la peinture, l'écriture, la sculpture ou le chant, c'est aussi une histoire, de simples mots sur lesquels le lecteur plaque les images qu'il veut.

Particulièrement chez les hommes, l'érotisme est souvent lié à la vue. Les réactions seront bien sûr différentes d'une personne à l'autre, mais il y a quelques "fondamentaux" bien ancrés dans notre imaginaire.

C'est ainsi que souvent, quelqu'un trouvera séduisant, voire érotique, une personne habillée court, ou bien encore dont le vêtement baille (comme l'écrit Roland Barthes), voire encore une personne vêtue d'un vêtement moulant. L'érotisme peut également provenir dans ce cas de la stimulation de l'imagination, l'imagination magnifie ce qui n'est pas visible, le rend potentiellement encore plus beau dans l'esprit de l'observateur ; c'est pour cette raison que beaucoup d'hommes trouvent une femme en sous-vêtement beaucoup plus érotique qu'une femme totalement nue. En effet, le ressort potentiellement infini découlant de l'imagination n'existe plus ou est sérieusement diminué.

De la même manière, l'érotisme peut être également stimulé par l'ambiguïté d'une attitude, la suggestion, le non dit, voire la promesse d'une situation future, car l'imagination est également mieux sollicitée. Cela fait partie du ressort de séduction de beaucoup de femmes, consciemment ou inconsciemment. C'est dans ce sens qu'il faut comprendre la citation de Georges Clemenceau : Le meilleur moment de l'amour, c'est quand on monte l'escalier.

 
Certains vêtements (ou accessoires) peuvent provoquer chez tout un chacun un fétichisme sexuel, c'est-à-dire une attirance sexuelle caractérisée par une forte excitation érotique à la vue de ces vêtements.

C'est bien sûr le cas de certains vêtements, mais c'est aussi le cas d'accessoires, telles que les bottes (bottes cavalières, cuissardes).

Cet érotisme naîtra parfois de la transgression opérée par la personne qui "ose" ne pas rentrer dans l'uniformité ambiante en se faisant remarquer par sa tenue vestimentaire, par son "look".

Selon Georges Bataille, il n'y a érotisme que pour un individu fini, centré sur lui-même, et qui se sent pourtant poussé à se fondre, au risque de s'y perdre, en une communauté avec autrui, communauté charnelle, communauté du sentant et du senti, écrit Lévinas pour décrire la proximité sensible des corps, c'est-à-dire la volupté. L'érotisme doit beaucoup à la curiosité, ou plutôt la fascination, pour un corps fait autrement que le nôtre.

Plus profondément, l'érotisme est la promesse de la coïncidence, pourtant impossible sinon charnellement, entre ces deux mondes que sont deux personnes distinctes (voir Le Banquet de Platon et le discours qu'il met dans la bouche d'Aristophane).

Ainsi, l'acte amoureux participe de la profanation. L'érotisme est une joute, où il s'agit d'amener l'autre à sortir de son retrait, à s'exposer. La caresse serait selon Sartre une véritable incantation. Elle invite le partenaire à investir son corps, à être son corps, à s'offrir, non comme pure chair, mais comme chair habitée par une personne, une liberté. Mais, note Michel Leiris, « tenir le sacré » c'est «finalement le détruire en le dépouillant peu à peu de son caractère d'étrangeté».

Toujours dans Le Banquet de Platon, on voit Socrate expliquer que l'érotisme vise plus haut que la communauté et la complémentarité des amants, qu'il fait signe vers le Vrai.

Comme la religion, l'érotisme confronte l'individu à une puissance créatrice qui le dépasse. Moins peut-être Dieu, ou l'Idée du Beau, que la vie, la sexualité au sens biologique du terme, la reproduction.

Sacrée, la sexualité est à la fois effrayante et attirante. Selon Bataille, elle n'est pas tant immorale qu'elle ne suspend la morale individuelle au nom de la vie et de l'espèce. L'érotisme a ceci de commun avec la mort qu'il réfute la fermeture sur soi de l'individu, fermeture à laquelle il doit sa conscience et son moi. La pulsion sexuelle, liée à la reproduction, dépasse l'horizon de l'instinct de conservation. L'individu ne se reproduit pas parce qu'il est mortel, il est mortel afin que la vie puisse se renouveler.


Schopenhauer était frappé par le contraste entre la légèreté et le brillant du marivaudage et le sérieux, tout animal selon lui, de l'acte sexuel. Aussi assimilait-il le jeu érotique à un simple leurre, un piège tendu par la vie elle-même à l'intelligence et à l'individualité des amants. Mais on peut, à l'inverse, remarquer que l'érotisme, qui se soucie peu de la procréation, fait durer le plaisir et le désir quand la pulsion sexuelle, laissée à elle-même, s'épuise vite.

L'érotisme est ainsi profondément humain. En effet, l'espèce humaine se singularise en ce qu'elle ne connaît pas l'alternance animale de l'indifférence sexuelle et du rut. C'est dans cet espace d'indétermination que se développent aussi bien la police des mœurs que le libertinage. Le désir n'est plus tant provoqué par la nature que par l'art de la séduction. Le plaisir s'affranchit de toute légitimation biologique ou sociale et s'affiche avec toute la gratuité et la légèreté du jeu. L'érotisme se confond alors avec tout ce que la culture, l'ingéniosité, ajoutent, ou retranchent, à la sexualité pour en faire un jeu plaisant et désirable. L'amour lui-même semble alors trop contraignant et trop sérieux. Dans le Phèdre, Platon fait dire à l'orateur Lysias qu'il vaut mieux favoriser les entreprises de séduction de ceux qui ne nous aiment pas, car ils sont bien moins importuns et inconséquents que les amoureux. L'érotisme sera simplement une forme de civilisation, comme l'art ou la conversation. Il y a cependant là une tentative un peu dérisoire pour banaliser le plaisir érotique, le penser sur le modèle de la jouissance gustative. L'érotisme n'est-il pas par essence confrontation à un autre corps et à une autre personne, au mystère d'une autre expérience et d'une autre conscience ?

Il y a aussi du défi dans le libertinage, comme le montre la figure de Don Juan. L'individu joue avec le feu, la « corne de taureau » selon l'expression de Michel Leiris, c'est-à-dire les puissances sacrées de la sexualité et de la mort, s'en approche au risque de s'y brûler. Il défie les forces qui menacent son individualité et son indépendance, le mariage, les maladies, l'amour, et se retrouve finalement lui-même, inchangé. Le libertinage voisine dangereusement aussi avec le machisme. Simone de Beauvoir notait en effet que le mâle mammifère se détache de la femelle au moment même où il la féconde. Ainsi « le mâle au moment où il dépasse son individualité s'y enferme à nouveau ». Il est vrai que la contraception et la libéralisation des mœurs permettent également à la femme cette forme de jeu érotique ou pornographique.

 

 

Par Lucie - Publié dans : dictionnaire du sexe
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 5 mai 2 05 /05 /Mai 07:55

Erotisme : Mot construit sur érotique (« relatif à l’amour physique », du dieu grec de l'amour Éros) par suffixation de -isme.
Attesté depuis le XVIIIe siècle.


1 Propriété de dires, gestes, comportements ou tenues qui suggèrent l’amour physique afin de susciter, accompagner ou augmenter le désir sexuel.
[Ils] s’émoustillaient tout en pérorant d’un érotisme curieusement élégant et cynique. (Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, Denoël, 1932)
D'une manière générale, la densification des sentiments familiaux et l'assujettissement indolore de la sexualité qui caractérisent la conjugalité et l'intimité bourgeoises, en se diffusant dans l'ensemble du corps social, aboutissaient à faire de l'érotisme une spécialité. (Alain Corbin, Les filles de noce , 1978)
2 (En particulier) Cette même propriété dans l’art.
Des estampes japonaises d’un érotisme orthodoxe (Roger Peyrefitte, L’enfant de cœur, Albin Michel, 1978, p. 83)
L’érotisme de Sade est un érotisme de rêve, puisqu’il ne se réalise la plupart du temps que dans la fiction. (Jean-Paul Sartre, Les Temps modernes, 1945, p. 597)
3 (Par extension) Propriété de certaines zones corporelles à susciter le désir sexuel.
Un érotisme de la peau dans le même sens qu’un érotisme des organes génitaux. (Georges Politzer, cité dans Écrits, Éditions sociales, 1969, p. 38)
4 (Psychologie) Inclination au plaisir physique lié à certaines parties du corps.
Érotisme anal, bucal, mammaire.


 

Par Lucie - Publié dans : dictionnaire du sexe - Communauté : écriture libertine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 28 avril 2 28 /04 /Avr 08:13

Juste un mot aujourd'hui, un simple mot utilisé régulièrement  dans le langage courant par des milliers de types ou de filles qui n'ont pas la moindre idée du sens premier du mot "Foutre" Pour le commun, foutre veut dire "faire" dans une forme vulgaire.

en réalité, le mot vient du latin  futuere (« baiser (une femme) », « copuler »). c'est d'autant plus lumineux quand on utilise une expression comme "foutre le bordel" et on en avait une vague idée quand on dit "va te faire foutre"

Elle foutit saintement avec ce saint homme pendant deux ans et le mit au tombeau. Cependant, il la dota … (Restif de la Bretonne Nicolas l’anti-Justine ou les délices de l’amour)

quelques dérivés dans le sens de "faire l'amour"
foutimacer ; foutiner ; foutrailler ; foutrasser ; foutriller

D'autres dérivés :
contrefoutre ; foutage  ;foutaise ; foutant ; foutée ; fouterie ;  fouteur ; foutinette ; foutographe ; foutoir ; foutologie ; Foutral ;  foutraque ; foutreau ; foutrement ; foutriquet ; foutu ;  jean-foutre ; jean-foutrerie ; je-m’en-foutisme ; je-m’en-foutiste ; refoutre 

Expressions :
aller se faire foutre ; être bien foutu ; être mal foutu ; foutre en l’air ; foutre la paix ; foutre le camp ;  foutre le feu ; foutre le tour ; avoir rien à foutre, n’en avoir rien à foutre ; ne pas en foutre une rame ; rien à foutre ; s’en foutre, s’en foutre comme de l’an quarante ; va te faire foutre 

Foutre désigne également le sperme : répandre son foutre : éjaculer.



Bonne journée à vous !
Par Lucie - Publié dans : dictionnaire du sexe - Communauté : Histoire érotique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 24 avril 5 24 /04 /Avr 15:20

Quand on écrit, on s'intéresse aux mots, aux expressions, aux synonymes et, de manière générale, à la richesse de la langue française.

Voici trois verbes que j'aime beaucoup pour leur puissance évocatrice, mais aussi par leur coté désuet :

déculer /de.ky.le/ 1er groupe (conjugaison) intransitif

(Vulgaire) (érotisme) Se retirer d’un coït anal actif.

enconner intransitif 1er groupe (conjugaison)

(Vieilli) Débuter l’acte sexuel en pénétrant le con (le sexe) d’une femme.

Ma sœur, étends-toi sur ce lit, que Brise-Barbe t’enconne. — Sade, La Nouvelle Justine, Chapitre III

déconner intransitif 1er groupe (conjugaison)

(Vieilli) Se retirer du con (du sexe) d’une femme, une fois l’acte sexuel accompli.

Sylvestre, furieux, déconne ; il fait saisir Justine par ses deux filles de garde […] — Sade, La Nouvelle Justine, Chapitre X

J'avoue que si le mot "con" désigne mon minou, ma chatte, mon abricot, je ne l'utilise jamais. Ce mot fut certainement usuel par le passé, mais quand on dit de quelqu'un "qu'il a vraiment une tête de con" avouez que brusquement l'expression prend une toute autre saveur, non ?


 


Par Lucie - Publié dans : dictionnaire du sexe - Communauté : Histoire érotique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2024
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>
Créer un blog sexy sur Erog la plateforme des blogs sexe - Contact - C.G.U. - Signaler un abus